Abbaye Saint-Bavon (Gand)

Aller hop, j’inaugure mon premier post « Tourisme en Flamandie » avec ma dernière découverte du week-end dernier : l’Abbaye Saint-Bavon, située dans la ville de Gand qui, je ne le dirai jamais assez, déchire un peu sa race en termes de choupinesse et d’activités culturelles.

C’est donc au pied d’une zone d’immeubles récents et sur les berges de la Lys, en périphérie du centre historique de Gand, que se trouvent les ruines de l’abbaye Saint-Bavon*.

L’abbaye fut construite au 7ème siècle puis partiellement détruite par cet enfoiré de Charles Quint. Afin de réprimer des Gantois un tantinet rebelles, il a transformé l’abbaye en citadelle militaire, et la seule partie à peu près reconnaissable qui tient encore debout aujourd’hui est le cloître. Les vestiges de l’abbaye ont été redécouverts  au 19ème siècle lors du démantèlement de la citadelle, puis exposés ça et là, sans réelle unité, dans l’attente d’une restauration future. Malgré la proximité du centre, cet endroit est peu fréquenté par les touristes, et le lieu n’est d’ailleurs ouvert au public que le dimanche après-midi.

Le jour de ma visite, une pièce de théâtre en plein air et en anglais dans le texte se déroulait dans le jardin du cloître. Un lieu inattendu et atypique, plein de coins et recoins à découvrir, avec le charme bucolique de la végétation envahissante et l’atmosphère mystérieuse et envoûtante des vieilles pierres…

* Pour la petite histoire, Saint Bavon est le patron de la ville de Gand, où le petit chanceux a également une cathédrale à son nom (môôôssieur ne se refuse rien) qui abrite le fameux agneau mystique, actuellement en rénovation au Musée des Beaux Arts.

Les bourgeois, c’est comme les cochons…

L’amûûûûr, ça vous change une femme, tant et si bien que j’avais perdu l’envie d’écrire. Et puis pour être honnête, j’avais pas vraiment de temps à vous consacrer. D’ailleurs, j’avais même pas de temps pour moi non plus… Quand 2 zozios amoureux vivent à 80 km l’un de l’autre et ne peuvent goûter aux joies de la vie commune, tout le temps libre est passé ensemble à rattraper le temps perdu. Ceci dit, quand on y réfléchit bien, on peut dire que j’avais la lourde mission de resserrer les liens diplomatiques franco-flamands. C’est ça : je travaillais au rapprochement des peuples européens ! [Vous me remercierez lorsque la Belgique viendra sauver la France lors de la 3ème guerre mondiale…]

Mais les temps changent et les 80 km vont bientôt disparaître. Après quelques pourparlers avec mon employeur, j’ai obtenu la possibilité de travailler à distance une partie de la semaine (alléluia !), condition indispensable à mon installation définitive en Flamandie. Et là je vous la fait courte : Le Belge et moi sommes en train d’acheter une jolie p’tite maison dans un joli p’tit quartier de Gand. Dans 3 mois, je serai belge, une fois ! Et là, j’ai tout à coup le sentiment de passer du côté obscur de la force en m’embourgeoisant un chouillas…

La vie commune, ça signifie que je pourrai enfin à nouveau me consacrer à mes traditionnelles occupations d’antan, l’une d’entre elles consistant à alimenter ce blog. En langage moins subtil, ça veut dire que je n’ai pas l’intention de passer 100% de mon temps libre avec Le Belge, et d’ailleurs celui-ci n’en semble pas vraiment mécontent… [CQFD : la fameuse "honeymoon phase" est terminée].

Alors, heureux ?

Allô ?

Ah bah ouais, logique. Après une si longue absence, plus personne ne vient traîner ici.

Bref, nouveau look pour une nouvelle vie : ce blog a besoin d’un bon ravalement de façade et devrait donc connaître quelques petits changements dans les prochains jours. Je veillerai également à ce que ce come-back sur la blogosphère soit durable en venant vous conter mes péripéties dans ce pays étrange et exotique qu’est le Royaume de Belgique.

Rencontre du 3ème type

Je ne suis pas une fille facile… En tout cas pas de celles qu’on présente à ses parents après seulement quelques semaines de relation. Le Belge, il faut le savoir, a fait « Dom Juan » 1ère langue à l’école. Malgré un manque de maîtrise incontestable des techniques de drague académiques, ses qualités naturelles lui ont tout de même valu une mention très bien avec félicitations du jury dans la catégorie « bourreau des cœurs ». A mon grand désespoir, j’ai dû me rendre à l’évidence : environ la moitié des 25-35 ans de sexe féminin résidant au Royaume de Belgique a déjà défilé au domicile parental de Le Belge ces 20 dernières années.

« L’exception française » n’est pas une simple vue de l’esprit et il a donc fallu que je m’emploie à faire comprendre à Le Belge que, n’étant pas une fille de passage, je refusais que ses parents ajoutent mon nom au tableau de chasse de leur fils aîné chéri en se demandant si, cette fois-ci, il avait enfin pécho le bon gibier.

La famille n’est pas un sujet à prendre à la légère, surtout si la sienne est par la suite amenée à devenir la mienne. Autrement dit : mieux vaut s’être préalablement assuré d’avoir choisi le bon conjoint avant de s’aventurer sur le terrain miné de sa famille… [Note pour plus tard : penser à ne jamais lui présenter la mienne]

Ayant l’immense privilège d’avoir grandit dans un foyer totalement dysfonctionnel et d’en payer encore les pots cassés, ce n’est pas tout à fait avec joie que j’ai accueilli la nouvelle concernant la profession de son père : psychiatre.

[Mode autruche, tête dans le sable pendant 7 mois pour repousser l'inévitable confrontation] [Oui, j'avoue honteusement que ça m'aurait été plus facile de rencontrer ses parents en sachant qu'ils étaient potentiellement pires que les miens]

Le problème quand on doit rencontrer un psychiatre hors de tout contexte médical, c’est qu’on se demande s’il ne va pas essayer – par déformation professionnelle – de vous analyser, de déceler vos signes extérieurs d’anxiété, de noter vos maladresse, d’interpréter vos actes manqués… Bref, de démasquer le psychopathe qui sommeille en vous.

J’ai eu beau repousser le jour fatidique de la rencontre plusieurs fois, est arrivé le moment où la famille de Le Belge a finit par se demander si la petite amie française en question ne relevait pas plutôt d’une vaste supercherie orchestrée sur le même modèle que le monstre du Loch Ness ou le Sasquatch. Décision fut prise d’organiser un déjeuner au restaurant pour montrer ma trombine et me soumettre au test de Rorschach sous l’œil inquisiteur du Sigmund Freud des Flandres.

J’ai failli me faire pipi dessus de terreur en écoutant cet homme au regard sévère, avec de petites lunettes, la barbe bien taillée et le verbe lent s’adresser à moi pour la première fois. Jusqu’à ce que je réalise que…

Jésus, Marie, Joseph… Le psychiatre est wallon, il parle français !

Je n’ai pas échappé aux stéréotypes du psychiatre puisqu’il les avait tous pour lui. Néanmoins, le cul vissé sur ma chaise au restaurant, j’ai pu converser en français en toute quiétude avec 2 têtes bien pleines mais d’une étonnante gentillesse et simplicité sans pour autant avoir le sentiment de subir la torture du canapé. J’ai retrouvé la vivacité d’esprit de Le Belge dans les paroles de son père, et sa douceur dans les yeux de sa mère. Les chiens ne font pas des chats.

Je ne sais pas ce qu’il adviendra de ma relation avec Le Belge, mais si on se sépare un jour je demanderai la garde alternée de ses parents.

Au final, ce jour-là, c’est la pauvre serveuse marocaine qui a le plus peiné : les parents de Le Belge et moi nous parlions en français, Le Belge et ses parents se parlaient en flamand, et Le Belge et moi nous parlions en anglais. Un peu confuse, la serveuse est revenue 3 fois vérifier qu’elle ne s’était pas trompée dans la commande…

1+1=2?

La vie à 2, même à temps partiel, bah laissez-moi vous dire que c’est pas rose tous les jours. Chaque étape du quotidien apporte son lot de remises en question, de débats et de concessions. En témoignent ces quelques exemples qui sont des petits combats quotidiens :

Le week-end : chez toi ou chez moi ?

- Scénario n° 1 : chez lui. -10°C dans la maison, frigo vide, pas d’ampoules sur les lampes, ménage pas fait depuis 7 mois [le dernier coup de poussière remonte au moment de ma première visite chez lui], baignoire qui fuit. J’aime bien le camping sauvage, mais en hiver ça me plaît moyennement. Sans compter que je passe mon lundi matin sur l’autoroute, dans le noir, généralement sous la pluie, coincée dans les bouchons entre un 3,5 tonnes belge et un 12 tonnes néerlandais, et que ma consommation mensuelle d’essence a triplé.
- Scénario n° 2 : chez moi. Je me pèle donc les miches, le vendredi soir, sur la voie 14 de la gare Lille-Flandres en attendant le train Lille-Anvers qui – bordel de merde ! – a encore une heure de retard. Oui, la  ponctualité de la SNCB laisse encore plus à désirer que celle de la SNCF [si si, c'est possible]. Et quand il croit que je sautille de joie lorsqu’il descend du train, je suis simplement en train de me réchauffer pour ne pas attraper d’angelures aux orteils.

La cuisine
Il est végétarien. Je suis intolérante au gluten et, de plus en plus, au lactose. « Tiens, et si ce soir on mangeait des carottes crues ? Ca changerait un peu de la salade et des brocolis bouillis de d’habitude ! » [Cris de joie, c'est jour de fête, roulades sur le tapis du salon, confettis et cotillons !]

La chambre
« Tu dors à droite ou à gauche ? » « Bah en fait, comment te dire… Je dors au milieu. Mais il reste encore un peu de place entre le chat et la table de nuit.

La langue
Il parle flamand [le barbare !], je parle français, on parle anglais. Et forcément, même en étant tous les 2 quasi-bilingues, on rencontre de temps à autres des problèmes de communication. Alors quand certains mots nous échappent, on les remplace par des petits mots bien pratiques comme « thing » ou « stuff ». Seulement quand il y 4 « thing » et 3 « stuff » dans la même phrase, on atteint un niveau de compréhension proche de zéro [ce qui est plutôt un avantage au moment de lui annoncer que j'ai cassé la molette de thermostat de son porte-serviette électrique...] [Quoique dans ce cas précis, j'ai un peu fait exprès de ne pas trouver mes mots] [Rire diabolique]

Les projets d’avenir
Lui plutôt maison, moi plutôt appart. Moi pas d’enfant, lui peut-être. Lui ultra écolo, moi très modérément. Lui, moi… Moi, lui. Il faut se concerter sans arrêt et penser à 2 plutôt qu’à soi. Et ça, quand on n’a jamais vécu en couple avant, c’est vachement difficile.

Le travail
Il bosse dans le public, je bosse dans le privé. Ses horaires sont flexibles, les miens pas. Il peut dormir le matin, je dois me lever aux aurores, enjamber une grosse larve, me peler dans la salle de bain, prendre mon petit déj’ toute seule à l’arrache, le tout en faisant le moins de bruit possible pour ne pas le réveiller et, cerise sur le gâteau, je lui souhaite une bonne journée en partant. Une bonne journée… Cette feignasse se lève à 9h tous les matin et finit le boulot à 17h et je luis souhaite une bonne journée… Sans déconner, je mérite la Légion d’Honneur !

L’argent
Ca n’engage que moi mais il gagne beaucoup trop pour ce qu’il consomme. Ou alors je gagne trop peu pour ce que je travaille. Toujours est-il qu’il y a une incohérence scandaleusement injuste entre nos fiches de paie respectives. A moins que mon raisonnement soit bancal mais j’ai du mal à y croire…

Les exs
On ne joue pas dans la même cour : sa liste est longue comme le bras. Je ne suis pas d’un naturel jaloux mais quand 2 de ses exs figurent au palmarès de ses meilleur(e)s (e)s ami(e)s et que je suis amenée à les côtoyer régulièrement, il n’y a rien d’incongru à ce que je me sente mal à l’aise. Alors pour me venger, je lui fais rencontrer mes amis alcooliques.

Et puis il y a toutes ces petites choses, ces petits riens du tout, qui font que quelquefois j’ai envie de lui maraver la face avec une chaise en bois de chêne, comme par exemple sa réticence à se couper les cheveux alors qu’il va bientôt finir par marcher dessus, son QI de 145 et son cerveau qui fonctionne comme un moteur de formule 1 alors que le mien atteint péniblement la vitesse d’une 2 chevaux sur une route départementale, ou encore sa manie de tout analyser et rester bloqué au rayon produits laitiers pendant 1h pour choisir un pot de fromage blanc.

Souvent, à l’évocation de la distance, de la langue, du boulot, des projets, un bref éclair de lucidité me traverse et je réalise que les mois à venir vont être compliqués et déterminants. Ca ajoute encore à l’angoisse de quitter un train-train établi depuis des années, un confort affectif (et financier) dans lequel tout était plus facile avant puisqu’il ne concernait que moi. Le changement est lourd à accepter aussi : laisser de la place à l’autre, aller au-delà de 2 styles de vie radicalement différents, admettre qu’on est devenu partiellement dépendant de quelqu’un, vivre avec ce sentiment contradictoire qu’on est plus fort mais aussi, d’une certaine manière, plus faible.

Jusqu’à ce qu’on se remette tous les deux en mode Bisounours, avec ses bouffées de simplicité, d’optimisme et de « on va trouver une solution ». Alors tant pis pour les heures passées en cuisine à préparer des plats sans-viande-sans-gluten-sans-lactose, celles à me geler sur un quai de gare ou à m’énerver dans les embouteillages sur l’autoroute. Tant pis pour la langue qui n’est pas la même [je maintiens : le flamand est une langue de barbares]. Tant pis pour les cheveux longs. C’est pas bien grave. Il y a tout le reste pour rattraper, et ça ne tiendrait pas dans un post de blog.

Après tout, comme le faisait à juste titre remarquer cette célèbre philosophe monégasque en 1986 : « Comme un ouragan qui passait sur moi, l’amour a tout emporté. »

Stéphanie de Monaco, elle a eu 12 maris, alors on peut lui faire confiance, elle sait de quoi elle parle. Du coup, j’ai pris la décision de laisser plus de place dans ma vie à Le Belge : dorénavant, au lieu de dormir au milieu de lit, je dors du côté droit, et lui du côté du chat.

Feu follet

Je tiens à féliciter solennellement l’alcoolique du 2ème étage qui a inconsciemment foutu le feu à son appartement, puis à l’étage, puis à l’immeuble, dans la nuit de mardi à mercredi la semaine dernière. Je le félicite de la part des résidents qui ont tout perdu sauf, heureusement, leur vie. Ceux dont les photos, les souvenirs, les meubles, les animaux domestiques, ont disparu. Ceux qui se retrouvent sans logement, qui ont dû être pris en charge par les services sociaux de la mairie car n’ayant pas les moyens d’avancer les frais d’hôtel avant que l’assurance ne les rembourse. Ceux qui ne sont pas entourés par leur famille ou leurs amis et n’ont pas d’autre soutien moral – voire matériel – que la générosité des autres résidents.

Bravo. Beau travail.

Dans son ébriété, il n’a pas assisté à l’affolement général dans l’immeuble. A l’électricité qui s’éteint soudainement alors que le bâtiment n’est pas encore évacué. A la fumée asphyxiante dans les couloirs et la cage d’escalier de l’immeuble. A l’effroi lorsque certains voisins ne semblent pas réagir quand on frappe violemment à leur porte pour les prévenir de fuir. Aux enfants qui pleurent. Aux adultes qui se retiennent de pleurer. Au spectacle, depuis la rue, des pièces qui s’enflamment les unes après les autres. Aux fenêtres qui explosent. Au froid et à la pluie.

Monsieur s’est réfugié sur son balcon et a été évacué par la grande échelle. En premier.

Tous les appartements n’ont pas brûlé. Beaucoup ont été inondés par les pompiers et sont tout aussi inhabitables que ceux qui ont été réduits en cendres. Aucune vie perdue, aucun blessé et quelques logements étonnement préservés (dont le mien). Mais pour ceux qui ont eu moins de chance, l’alcoolique n’épongera pas. Ne réparera pas. Ne remplacera pas. N’effacera pas.

L’alcoolique n’aura jamais en mémoire les cris des gens cette nuit-là, cette peur inexprimable qui s’est emparée de tout le monde et qui mettra du temps avant de disparaître complètement. L’alcoolique ne ressentira jamais cette inquiétude dès qu’une odeur suspecte se fera sentir. L’alcoolique ne connaîtra peut-être même jamais ce sentiment perpétuel d’insécurité et ne se demandera pas, à chaque fois qu’il entrera dans un endroit inconnu, par quel moyen il sera possible de s’échapper en cas d’urgence.

L’alcoolique ne se rendra jamais compte de tout ça. Pas plus que de la solidarité qui s’est installée entre les résidents de l’immeuble. L’alcoolique a failli entraîner le pire mais a échappé au meilleur.

Je le plains. Un peu. Mais j’ai surtout envie de lui maraver la gueule avec des chaussures à crampons.

(Dé)perdue de vue

Dites à Interpol d’interrompre les recherches : I’m baaaaack ! Non, je n’étais pas en cavale après avoir trucidé une portée de chatons mignons. J’étais tout simplement en panne de blog, d’écriture et de vie virtuelle (ou quasi). Et pourtant, il s’en est passé des choses en 6 mois ! Plein ! Moult !

Par quoi je commence, du coup ? Je vous la fais par ordre chronologique ?

IL Y A 6 MOIS : GLUTEN TA MERE !

Moi, avant de consulter un médecin, j’aime bien souffrir pendant des mois (et des mois) (et des mois) pour tester l’endurance de ma connerie. Mais là, après 2 ans de montagnes russes digestives, mon estomac a rendu les armes et j’ai dû me résoudre à confier une enquête médicale à des spécialistes pour comprendre enfin le pourquoi du comment j’avais toujours un bloc de granit dans le bide. 65 visites chez le médecin, une prise de sang et une fibroscopie (sans anesthésie, je vous prie !) plus tard, le verdict est tombé : intolérance au gluten. Le gluten, c’est une protéine qui se trouve dans le blé et le seigle. Oui c’est ça, la céréale qu’on trouve dans à près tout et n’importe quoi de comestible. J’ai cru que j’allais attenter à ma propre vie quand le gastro-entérologue m’a annoncé que j’allais devoir abandonner le pain (sa race !), les pâtes (sa race !), les quiches (sa race !), les pizzas (sa race !), la bière (sa race, sa race, sa race !!!) et tout un tas d’autres trucs trop bons. Pour quelqu’un comme moi qui ne passe jamais plus de 5 minutes dans la cuisine le temps de mettre un surgelé au micro-ondes, ça n’a pas été facile de dire adieu aux plats préparés. Parce que le gluten, y’en a juste partout. Partout, je vous dis ! Un truc de dingue ! Et puis en commençant à éplucher systématiquement la liste des ingrédients au supermarché, je me suis rendue compte que non seulement je ne pouvais plus rien manger, mais qu’en plus du gluten, la bouffe industrielle était pleine d’un tas d’autres ingrédients merdiques. Depuis cette découverte, j’ai muté en Jean-Pierre Coffe (la version jeune avec des cheveux et une poitrine) : maintenant, la seule manière pour moi d’être sûre de ce que je mange, c’est de faire la cuisine moi-même. Pour vous la faire courte, je me suis transformée en malade mentale des fourneaux. Je pourrais décrocher le ballon d’or du pancake. Le prix Nobel du gratin de légumes. La Légion d’Honneur du Korma indien. Et plus de temps dans la cuisine, ça signifie aussi moins de temps sur Internet. Y’a des soirs, c’était ou Internet et l’estomac vide, ou la cuisine et quelque chose dans l’assiette. Certains choix sont douloureusement faciles à faire !

Evidemment, la période d’adaptation a été parsemée d’embûches : par exemple, vous saviez qu’il y a du gluten dans les capuccinos des distributeurs automatiques ? Non ? Bah moi non plus. Ca m’a coûté 24h dans un état de mort imminente avant de m’en remettre. Le gluten dans les gnocchis? J’ai supplié pour qu’un prêtre me donne l’extrême onction. Mais aujourd’hui je commence à bien gérer : je m’abstiens en cas de doute, je découvre de nouvelles farines et de nouveaux aliments, et je fréquente les magasins bio. En plus il paraît aussi qu’être gluten-free, c’est LE truc branché du moment ! Les stars et les sportifs s’y mettent, c’est dire si je suis hype ! Mais le principal, c’est que mon estomac fonctionne à nouveau correctement et que – étonnamment ! – j’ai aussi dit adieu aux migraines, aux problèmes de peau, au sommeil agité et à 10 kg superflus. Ceci dit, je crois que je pourrais tuer plein de chatons mignons juste pour le plaisir de remanger une bonne baguette tiède et croustillante, ou un plat de pâtes à la bolognaise, là tout de suite maintenant… Argh !

IL Y A 4 MOIS : LOVE ACTUALLY

J’ai pécho un grand blond. Un Belge. Flamand. Scientifique. Végétarien. Ecolo. Qui n’aime pas la bière (putain il cumule celui-là, j’ai choisi le pire ou quoi ?!). Les premières semaines, j’ai carrément flippé ma race. Ca a toujours été extrêmement difficile pour moi de me sentir émotionnellement dépendante de quelqu’un, alors subir un choc aussi violent que de tomber amoureuse, ça m’a fichu les jetons. J’ai encore quelques petites angoisses de temps à autres mais j’apprends à ne plus être constamment dans la maîtrise et le contrôle de tout ce qui se passe dans ma vie. Et ça, ça fait beaucoup de bien ! Je me partage désormais entre Gand et Lille, le stress du boulot a perdu en importance et, occasionnellement, je me prends à imaginer ce que ça pourrait donner dans 1 an. Ou 5. Ou 30. Ca doit être la fameuse « Honeymoon phase »… En fait si ça se trouve, dans 1 an, je viendrai ici crier au monde entier que Le Belge est vraiment un gros con*. Mais à ce jour, le seul dommage collatéral à signaler, c’est qu’on est un couple de boulets. Entre son régime végétarien et mon régime sans gluten, on est devenus les maillons faibles des dîners mondains, les parias des restaurants et les terreurs des supermarchés. Limite bientôt plus personne va vouloir nous inviter… Pour le reste, tout est encore parfait et je me demande souvent où se trouve la faille ou le vice caché. Genre y’a une caméra cachée qui me suit depuis 4 mois et on va bientôt m’annoncer qu’en fait c’était juste une grosse blague. « Ha ha ha ! Désolée Mademoiselle mais on va vous le reprendre ! Surprise sur prise, c’était pour une émission de télé ! Ha ha ha ! » Mais apparemment non, ça a l’air bien réel finalement. Alors quand l’inquiétude disparaît, j’ai juste l’impression d’avoir décroché le jackpot à l’Euromillions.

DANS 2 SEMAINES : ATTACHE TA TUQUE !

Dans 13 jours exactement, Le Belge et moi-même nous envolons vers le Canada pour 2 semaines de vacances (Montreal, Québec, Toronto). A la base je n’avais pas du tout envisagé de mettre Le Belge dans mes bagages mais comme j’ai la phobie de l’avion, je me suis dit qu’il valait mieux que lui broie ses doigts à lui plutôt qu’à l’inconnu assis à côté de moi pendant le voyage. Et puis Le Belge parlant un français très approximatif, autant enrichir son vocabulaire d’expressions exotiques typiquement québecoises ! Le programme n’est pas vraiment défini : le but de ce voyage n’est pas de visiter un maximum de choses en un minimum de temps mais au contraire de prendre le temps d’apprécier l’endroit où l’on se trouve, d’adapter notre emploi du temps au jour le jour en fonction de nos envies ou de notre état de fatigue (ce sont mes premières vacances depuis 18 mois !) et de se laisser guider par la météo. Et puis bien sûr, ce sera un test important : Le Belge et moi allons-nous réussir à nous supporter 24h sur 24 pendant 2 semaines ? Bbbbrrrr, j’ai déjà la chair de poule… (à moins que ce ne soit juste le courant d’air dans mon salon).

Voilà pour l’essentiel. Bouffe, amour, voyage… Ca vous change une vie et vous met de drôles de trucs en tête.

Bon, faut que je vous laisse : je viens de repérer une portée de chatons mignons qui se promène dans le jardin de l’immeuble.

* En réalité, y’a zéro possibilité que Le Belge soit un gros con. Au pire, ce sera juste moi la grosse conne.

Saint Lamantin – 8ème édition

Jeudi 14 février. Saint Valentin. Trois possibilités :

1) Tu es en couple, tu sors le porte-monnaie et tu fais plaisir à ton/ta chéri(e).

Ou…

2) Tu es en couple mais tu gardes tes sous car tu ne fêtes pas la Saint Valentin pour des raisons idéologiques. Ou financières. [Radin(e) !]

Ou…

3) Tu es célibataire, auquel cas pas besoin de te poser de questions. Tu te contenteras de regarder une comédie romantique ce soir en mangeant du Côte d’Or.

[Il existe bien une 4ème possibilité, à savoir être en couple et fêter la Saint Valentin pour zéro euro en offrant un tiroir vide et du sexe à ton partenaire, mais ça c'est juste dans Castle et donc ça compte pas] [Oups, spoiler saison 5, my bad !]

Quel que soit le cas de figure dans lequel tu te trouves, tu peux toujours choisir de fêter la Saint Lamantin avec moi. En plus, ça te coûtera pas un rond !

Si tu n’es pas un lecteur assidu et ancien de ce blog – la Saint Lamantin est une tradition commencée il y a 8 ans pour contrer le prosélytisme consumériste que génère la Saint Valentin, et qui me permet, par la même occasion, de parler d’un animal méconnu en voie de disparition.

Le lamantin, pour rappel, est un mammifère marin qui ne ressemble à rien et que tu ne croiseras sans doute jamais puisqu’il vit à l’autre bout du monde dans les fleuves côtiers des Caraïbes, d’Amazonie et d’Afrique de l’Ouest. [Evidemment, si tu voyages beaucoup ou que tu vis toi aussi aux Caraïbes, en Amazonie ou en Afrique de l'Ouest, tu en as peut-être déjà vu et mon post ne t'apprendra rien.]

Alors, que s’est donc-il passé pour les lamantins depuis l’année dernière ?

Rien de très positif, malheureusement. Cette année, c’est le dugong – une sous-espèce du lamantin vivant sur le littoral des océans Pacifique et Indien – qui se retrouve sous le feu des projecteurs.

Nan mais vous imaginez qu’il y a des gens qui chassent le dugong pour le manger ? C’est comme si nous, on mangeait… Je sais pas moi… du bœuf !

Heu…

Ok, mauvais exemple.

Enfin bref, l’idée principale de ce billet, c’est de souligner que les choses ne s’arrangent pas pour l’espèce. Un animal inoffensif avec un petit pois en guise de cerveau, ça ne peut de toute façon pas lutter contre l’intelligence démoniaque et ravageuse de l’espèce humaine.

Alors moi si j’étais toi, je commencerais à collectionner les images de lamantins car dans quelques années, tes rejetons – ou les miens – n’auront pas la moindre idée de ce à quoi cet animal ressemble. Un peu comme les dragons de Komodo, en fait. Sauf qu’on s’en fout que les dragons de Komodo disparaissent : c’est gros, c’est moche et ça fait peur. Alors que les lamantins sont choupis.

Tiens, regarde comme c’est moche, un dragon de Komodo :

Et maintenant regarde comme c’est choupi, un lamantin :

Tiens, je t’en remets une couche :

Gniiiii ! Group hug !

Et si vraiment, *vraiment*, tu veux dépenser des sous pour la Saint Valentin, investis dans le lamantin avec, par exemple :

- Un joli pyjama :

- Un collier :

- Un bonnet :

- Des tongs :

- Ou tout simplement une carte de Saint Valentin. Sobre, classique, efficace.


Et si tu es un(e) indécrottable romantique, tu vas sûrement aimer l’anecdote finale : des astronomes ont récemment découvert une nébuleuse en forme de lamantin (avec un peu d’imagination).

Source

Sur ce, je vous souhaite une bonne Saint Lamantin et, le cas échéant, une bonne Saint Valentin [je suis pas sectaire !].

Ce que disent les femmes

C’est en apercevant le regard horrifié des hommes installés à la table à côté de la nôtre que j’ai compris. J’ai compris ce que les hommes ignorent totalement sur les femmes célibataires.

Les femmes célibataires, entre elles, après une bière ou un verre de vin, délient leur langue. Lorsqu’elles se retrouvent au bar, encore sobres [mais pas pour longtemps], elles parlent d’abord de boulot. Il s’agit là d’une simple entrée en matière grâce à laquelle certains mots contenus toute la semaine peuvent enfin être libérés et se mélanger dans une joyeuse cacophonie [ce n'est donc pas un hasard si les termes "gros con", "sale pute" et "chiatique" se retrouvent respectivement accolés à "patron", "collègue", et "réunion"]. Après un premier verre, les femmes célibataires se mettent à parler fringues. Puis, au fur et à mesure qu’elles commandent d’autres verres, elles parlent de leur mère [car c'est bien connu : toutes les femmes célibataires ont des problèmes de communication avec leur mère] puis elles passent aux enfants : ceux qu’elles voudraient avoir, ceux qu’elles n’auront jamais et ceux des autres [même les moches] [surtout les moches] [ça rassure !]. La profondeur des conversations augmentant proportionnellement au taux d’alcoolémie, vient le moment où les femmes commencent à parler des hommes : les hommes en général, les hommes qu’elles ont eus ou qu’elles aimeraient bien avoir, et les forcément connards avec qui, parfois, elles viennent de rompre. Il arrive aussi qu’elles parlent des femmes. Et enfin, lorsqu’elles sont bien torchées gaies [malgré une pizza campagnarde dans le ventre] elles parlent de… sexe.

Contrairement aux idées reçues, jurer comme un charretier ou employer un vocabulaire fleuri pour parler de sexe n’est pas l’exclusivité des hommes. Nous aussi on peut être directes, franches et vulgaires. Nous aussi on peut parler des hommes (ou des femmes) comme des objets. Nous aussi on peut se moquer, se vanter, se refiler des conseils ou se psychanalyser les unes les autres. Même en public. Même dans un bar. Même avec 3 grammes dans chaque bras.*

Oui messieurs. Les femmes aussi parlent de sexe de manière graveleuse.

La différence entre vous et nous, c’est que vous n’avez pas besoin d’alcool pour en parler librement.

Alors que nous, quand on ouvre les yeux le lendemain matin, on se dit qu’on a trop bu pour se permettre de tels écarts de langage, mais probablement pas assez pour oublier ce qui a été dit et entendu la veille.

Parce que c’était loin d’être poétique…

Ceci dit, il y a une chose dont les femmes peuvent être particulièrement fières après avoir bu quelques litrons et parlé de sexe toute la soirée : elles sont encore capables de discuter politique.

Si si.

[En réalité, on a surtout parlé de Carla Bruni et Ségolène Royal, mais c'est de la politique aussi, non ?] [Non ?]

Quoi qu’il en soit, j’ai découvert que (tous) les hommes ne se doutaient pas que les femmes pouvaient avoir les mêmes sujets de discussion qu’eux. Et je peux vous assurer d’une chose : en matière de raffinement du langage, on peut légitimement parler d’égalité des sexes.

* D’ailleurs vous savez quoi ? Quand on atteint les 12 grammes, on sait aussi parler de sexe sans sexe. [Je vous laisse méditer là-dessus]

Ici et ailleurs

Avec mes cousins, l’une de nos activités préférées étant enfants était de « jouer à ne pas se faire voir ». L’objectif était de se cacher dans des endroits fréquentés, observer les gens et retenir les anecdotes intéressantes de leurs conversations. On avait parfois un petit carnet avec nous dans lequel on notait tout ce qui nous semblait digne d’intérêt, puis l’on se retrouvait à une heure donnée pour faire un point et échanger nos « informations ».

On avait l’impression d’être des agents secrets. Notre terrain de jeu favori étaient les fêtes de famille, en particulier les mariages, car plus il y avait du monde, plus il était facile de passer inaperçu. On se fondait dans la masse et les gens ne prêtaient pas attention à notre présence (puisqu’il était normal que nous soyons là) ni à la façon dont nous occupions notre temps. Même si bien souvent les informations collectées étaient tout à fait mineures, on a pu dégotter quelques exclusivités avant même que tout le reste de la famille ne soit mis au courant.

Tout ça pour dire que j’ai l’impression, depuis que je rebosse et que je ne blogue plus, de jouer perpétuellement à ce petit jeu. Je suis là sans être là. Sur internet, je rends toujours visite à mes comparses blogueurs (dont certains ont ralenti eux aussi la cadence de leurs posts) (je ne vise ni Rosy ni Julia en particulier) (ah ben si, trop tard !). Et dans la « vraie vie », c’est la même chose : au boulot, avec ma famille ou mes amis, j’écoute, j’observe, je réponds aux questions que l’on me pose mais j’ai l’impression d’être de moins en moins présente. Ma vie n’a pourtant pas changé, et je ne suis pas persuadée non plus que mon entourage ait remarqué quoi que ce soit dans mon comportement. Je suis douée à ce jeu-là, on dirait : faire comme si. Comme si tout allait bien. Comme si j’étais satisfaite de la vie que je mène. Comme si le fait d’être stable et « casée » dans mon boulot et d’avoir une certaine sécurité financière étaient des raisons suffisantes de me réjouir.

La vérité, c’est que tout me fait chier mais je suis trop polie pour envoyer les gens promener. Ou trop lâche pour prendre le risque de tout abandonner et me concentrer sur ce qui pourrait me donner envie de me lever le matin. Je suis parfois à deux doigts de faire une recherche dans google « Comment disparaître sans laisser de traces », juste pour savoir s’il est matériellement possible de disparaître de la circulation sans se faire retrouver. Je vous rassure : je ne le ferai pas. J’aime trop ma famille et mes amis pour m’enfuir et tout quitter du jour au lendemain, mais je comprends ceux qui, un matin, décident de partir sans laisser d’adresse.

J’ai des projets de vacances, mais pas encore assez de sous ni de temps pour les concrétiser. J’ai des projets tout court, mais pas encore assez de courage pour les entamer (ni la bonne personne avec qui les partager). J’ai envie de choses qui ne sont pas encore à ma portée et je ne trouve pas le moteur qui me permettrait de les transformer en objectifs atteignables. J’ai des amis avec qui il est difficile de parler de ces choses-là car certains sont dans une situation professionnelle et/ou financière tendue et je n’ai pas envie de leur donner l’impression que je crache dans la soupe.

Il y a aussi le décès de ma grand-mère il y a quelques mois dont j’ai beaucoup de mal à me remettre et qui est peut-être à l’origine de cette remise en question qui me taraude depuis sa disparition (la veille de mon premier jour à mon nouveau poste). Ma grand-mère, c’était une ninja de la vie. Une revenante de drames incommensurables que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi et qui, pourtant, avait une volonté de fer et une soif de vivre ahurissante. Une flamme que probablement seuls les gens qui ont vécu le pire portent en eux ; des gens pour qui la peur de prendre des décisions importantes est dérisoire en regard de leur besoin de ne pas passer à côté de l’essentiel.

J’ai des tas de choses à voir, à apprendre, à dire, mais je n’ai pas encore trouvé l’impulsion suffisante. Il manque un déclic qui ne viendra que lorsque j’aurai résolu certaines choses, assaini certaines relations et trouvé un accord avec moi-même.

Et non, je ne traverse pas une période de dépression. Je sais très bien ce qui cloche, ça va juste demander un peu de travail pour remettre ma vie en ordre.

Dès que je me serai mis 2 claques dans la gueule et un bon gros coup de pied au cul.

Sommeil paradoxal

J’ai signé un CDI pour la première fois de ma vie.

Les amis m’ont fait sortir le champagne, la famille a poussé un grand « ouf » de soulagement, et moi ben… Ca m’a fait ni chaud ni froid.

J’aime beaucoup mon travail hein, c’est pas le problème. Je peux faire ma geekette toute la journée à manipuler des appareils multimédia pour en écrire la notice, j’apprends plein de trucs, je bosse avec des tas de gens différents et, intellectuellement, c’est assez stimulant et potentiellement utile pour mon avenir professionnel. Mais soyons clairs : je bosse dans la grande distribution.

Si tu sais pas ce que c’est que la grande distribution, laisse-moi t’expliquer en quelques mots :

Chiffres. Ventes. Chiffres. Performance. Chiffres. Stress. Chiffres. Primes. Chiffres. Produits de consommation. Chiffres. Réunions. Chiffres. Prévisions. Chiffres. Chiffres. Chiffres. Chiffres.

J’ai de plus en plus de pression, je fais de plus en plus d’heures, j’ai de moins en moins de vie sociale, je suis de plus en plus fatiguée, et tout ça pour des produits qui vont rester quelques semaines en rayon avant de disparaître et de laisser place à d’autres produits tout aussi éphémères.

Ca n’a pas de sens.

Ca a d’autant moins de sens que je suis partagée entre ma geeketterie et ma frustration à faire quelque chose de totalement superficiel. J’ai maintenant obtenu une certaine sécurité de l’emploi et ma première réaction à ce CDI a été de me sentir prise dans une sorte d’engrenage. Moi qui n’ai jamais été carriériste, je me retrouve dans une entreprise qui fonctionne à l’américaine : tout le monde côtoie tout le monde, tout le monde est jeune, tout le monde s’habille à la cool, tout le monde se tutoie, tout le monde rigole, tout le monde sourit, mais tout le monde attend une prime, une promotion, une reconnaissance, une gratification quelconque.

Tout le monde.

Et moi, je me sens souvent à côté de la plaque. Je dois probablement être une éternelle insatisfaite…

J’aurai aussi probablement 33 ans la semaine prochaine et, comme chaque année ou presque, ça me travaille. (Ceci expliquant cela.)

Mais surtout, c’est évident, il me manque un truc.

Essentiel.

Fondamental.

Et le vide, c’est parfois un peu lourd à porter.

J’ai signé un CDI pour la première fois de ma vie mais, ce matin, je me suis endormie dans le bus et j’ai loupé mon arrêt. Ca aussi, c’est la première fois…